Retour sur notre jumelage avec la paroisse de Banikoara

18 novembre 2025 | À la une, Actualités, Paroisse

Notre paroisse est jumelée depuis plusieurs années avec celle de Bakinoara, au Bénin. Sans doute est-ce bon pour tous de redécouvrir l’histoire de ce lien précieux, et les fruits qu’il a pu porter. Le curé de Bakinoara nous y aide avec ces quelques mots :

Contexte historique et géographique

Jadis connu sous le Dahomey jusqu’en 1975, le Bénin est un pays de l’Afrique de l’Ouest situé entre le Burkina-Faso, le Togo, le Niger et le Nigeria. Il est constitué de trois zones climatiques : un climat subéquatorial de type guinéen au Sud, un climat tropical de type saoudien au nord et un climat tropical appelé atacorien. Il est historiquement connu pour être la côte du départ des esclaves vers les terres américaines par la mer et vers le monde arabe et ottoman par le désert. Son économie est basée sur l’agriculture qui reste sa première source de revenus à l’exportation.

Banikoara, une commune située à environ 70km de Kandi, est localisé dans le département de l’Alibori, qui fait partie des douze départements du pays. Dans cette ville, la principale filière organisée demeure le coton. La majorité des habitants qui la compose est d’ethnie baatonu avec une minorité de peulhs. Mais on peut dénombrer quelques ethnies du sud et étrangères.

Il faut dire que l’évangélisation a posé ses premières bases de façon stable avec l’installation d’un catéchiste en 1947. Les premiers baptêmes semblent avoir été célébrés en 1949. Mais c’est en 1954, qu’un premier missionnaire prêtre fut mis à la tête de cette paroisse en la personne du Père Roger Poupard. Ce dernier fut contraint de céder sa place pour des raisons de santé, au Père Prigent. La première préoccupation du missionnaire fut l’éducation des enfants en vue d’assurer un avenir radieux à la commune. Grâce à cette œuvre missionnaire, plusieurs personnalités politiques seront issues de cette éducation des pères missionnaires. En 1963, la paroisse verra la première présence d’une communauté religieuse chargée de l’éducation des filles : les sœurs de la retraite chrétienne.

En réalité, si la construction de l’église pourrait être datée en 1961, il faut attendre 1969, avec le père Erhel, pour voir cet édifice achevé et inauguré deux ans plus tard. Alors que le pays sombrait dans le régime marxiste, Banikoara aura la joie de voir naître son premier prêtre autochtone : le père Damien N’Goye ordonné le 15 novembre 1990. En 2006, une autre communauté de trois religieuses, salésiennes de la visitation, viendra s’installer dans les environs de la paroisse. Elle s’occupera de l’animation et la formation des femmes dans les villages et du fonctionnement du dispensaire d’Arbonga, station de la paroisse. De cette paroisse, naîtront d’autres paroisses: Saint André de Founougo en décembre 2004,  sainte Marie de Goumori en décembre 2005 et Saint Pierre de Gbassa en 2023.

 

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Jumelage Banikoara-Le Chesnay

C’est avec Mgr Bernardin Gantin, premier archevêque dahoméen qu’est née l’association du Jumelage Dahomey-seine et Oise, épaulée par les mouvements d’action catholique du diocèse de Versailles et par l’Action Sociale de Seine et Oise. Ce jumelage est basé sur la communion spirituelle, l’information réciproque, l’éveil des esprits et des cœurs, l’aide matérielle et l’entraide apostolique. Pour le rendre effectif, il est exigé d’une part une présence auprès du Père curé de la paroisse jumelle et d’autre part une prise en charge mensuelle. Au cours de ces dernières années, les actions menées ont été des actions d’entraide matérielle envers les frères de Banikoara qui en ont grandement besoin. Ces financements servaient aux différentes constructions. A cet effet, une quête annuelle est organisée le mercredi des cendres. Outre cette contribution, certaines contributions peuvent être faites de façon exceptionnelle pour une œuvre déterminée. Au cours de leur passage en France, les prêtres et surtout le curé de Banikoara, ont l’occasion de présenter la paroisse pour mieux la faire connaître aux fidèles. Si l’aide reste essentiellement matérielle, il doit être accompagné d’un partage spirituel et humain. Ce volet est capital et très essentiel en raison de la conception de la nature même de l’église en Afrique qui est: « église-famille de Dieu ».

Le jumelage avec Chesnay apporte beaucoup à la communauté de Banikoara qui rêve encore de recevoir ses sœurs et frères chesnaysiens pour davantage partager la chaleur humaine africaine et surtout béninoise. Malheureusement, notre paroisse est depuis quelques temps inclue dans les zones rouges du pays. Nous espérons que cette situation connaîtra une fin tôt ou tard, afin que la vie reprenne encore normalement son cours dans nos relations interpersonnelles et fraternelles.

La situation aujourd’hui à Banikoara avec l’insécurité transfrontalière, a une répercussion très prononcée sur la vie paroissiale. Les activités tournent au ralenti parce que certains ont dû quitter leurs champs par peur des représailles des bandes terroristes. La contribution des fidèles à la vie paroissiale et aux réalisations nécessaires amenuise de jour en jour. Les urgences sont nombreuses et il faut bien y faire face. La paroisse créée en 1956 se prépare à célébrer les 70 ans de sa fondation. Les travaux à effectuer avant sa consécration sont énormes. Il faut rénover la sacristie et l’agrandir en y installant désormais les toilettes. Il faut aérer la chapelle en y apportant deux portes latérales et des fenêtres qui sont inexistantes jusque-là. Comme nous le savons, en période de chaleur cela devient presque invivable pour ceux qui participent aux célébrations. En plus de ces travaux indispensables pour la paroisse, il urge de sécuriser le domaine de la paroisse par la construction de la clôture qui a été démolie suite aux travaux de construction de la voie Banikoara-frontière Burkina. La paroisse depuis plus de trois ans, reste sans clôture pour le moment.

Centre St Joseph

En plus de tous ces projets que porte la paroisse Notre Dame du Borgou de Banikoara, avant sa consécration pour le jubilé des 70 ans de sa création, nous souhaiterions de tous nos vœux, que la station Saint Joseph de Nangourou qui est à 2 Km de la paroisse, devienne elle aussi une paroisse, et donc la deuxième de Banikoara. Mais elle ne dispose pas encore de presbytère pour accueillir un prêtre. Nous voulons bien y arriver avec le soutien de chacun et de tous.

Le Curé de la Paroisse

Père Désiré AHOLOU