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Découvrez votre nouveau curé, le Père Pierre-Hervé Grosjean

9 septembre 2025 | À la une, Actualités, Paroisse

Un changement de curé n’est jamais un évènement anodin dans la vie d’une paroisse ! Le temps, les rencontres, les occasions de travailler ensemble, permettront à chacun de faire peu à peu réellement connaissance. Mais sans tarder, nous avons voulu poser quelques questions à notre nouveau curé, le Père Pierre-Hervé Grosjean, afin que tous puissent découvrir son parcours jusqu’à cette nomination  au service de notre paroisse.

Mon Père, pouvez-vous d’abord vous présenter, ainsi que votre famille ?

Aîné d’une famille de 4 enfants, j’ai 47 ans. J’ai eu la grâce de naître dans une famille chrétienne, l’exemple de foi de mes parents – dont on vient de fêter les 50 ans de mariage cet été ! – m’a toujours marqué. Je les ai vus prier ensemble, et s’encourager mutuellement dans la foi. J’ai grandi à Nantes, Lille… et surtout Voisins le Bretonneux. Collège et Lycée à St François d’Assise, à Montigny. Ce fut assez étonnant pour moi de devenir 25 ans plus tard curé de cette paroisse ! Certains paroissiens étaient toujours là et se souvenaient bien du jeune de 15 ans de l’époque… Le 22 avril dernier, j’ai eu la grande douleur de perdre ma petite sœur, Pascale. Elle était porteuse d’un handicap physique depuis sa naissance. C’était la plus fragile d’entre nous, mais aussi la plus courageuse. Une vie bien éprouvée mais lumineuse. Elle s’était réjoui d’apprendre mon arrivée au Chesnay. Je lui avais confié cette nouvelle avant qu’elle ne soit officielle. J’espère et je crois qu’elle veille désormais, et prie pour ma nouvelle paroisse, ma nouvelle mission.

 Comment avez-vous reçu votre vocation sacerdotale ? Vous avez su comment que vous étiez appelé à être prêtre ?

Assez jeune, je pressens que j’ai besoin de servir quelque chose de plus grand que moi. C’est le service de notre pays qui m’attire dans un premier temps. Les romans, les témoignages et livres d’histoire me nourrissent et me font rêver. Denoix de Saint Marc, Tom Morel… Je suis à cette époque marqué aussi par le scoutisme, que je pratique aux SUF puis aux Europe. J’y apprends la joie de servir et d’entraîner, de se donner au service des plus jeunes. Mes deux années de Chef de Patrouille ( du Tigre ! ) me marquent particulièrement. Je ferai ensuite un an de routier.

Le scoutisme me fait côtoyer des aumôniers qui auront une belle et forte influence. Je prends l’habitude d’aller voir l’un d’eux régulièrement, j’apprends à parler et à me confesser avec franchise et simplicité. Ce prêtre saura me faire grandir dans ma foi et m’aidera à discerner ma vocation, tout en me laissant profondément libre. C’est au contact de ces prêtres que peu à peu la question du sacerdoce va apparaître, très naturellement, dans ma prière.

Pas d’évènement particulier, encore moins de révélation spéciale ! J’ai la vie spirituelle d’un jeune de 15-16 ans, avec ses combats et sa générosité. Je comprends peu à peu la beauté et le sens du sacerdoce, en voyant le bien que font ces prêtres pour moi comme pour tant de jeunes. Le soin qu’ils apportent à la liturgie m’éclaire sur l’importance de ce qui est célébré et m’aide à prier. Moi qui ai besoin de servir plus grand que moi et de grandes « causes » à défendre et au service desquelles mettre mes talents et mon énergie, je découvre peu à peu combien servir Dieu et son œuvre dans les âmes peut combler un cœur comme le mien. Après tout, aider Jésus à nous sauver, Le faire connaître et Le donner… cela vaut bien ma vie !

Vous rentrez assez vite au séminaire ? Quel est votre parcours ensuite ?

Après seulement un an de classes préparatoires au Prytanée Militaire de la Flèche (matricule 2162d !), à l’issue d’une retraite selon les exercices de Saint-Ignace, je décide d’entrer au séminaire. Je vais commencer en octobre 1996 au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre, à Wigratzbad. C’est là que je ferai la connaissance de … l’abbé Gonzague Babinet ! Il est alors quelques années au-dessus de moi, avec l’abbé Pierre Amar que beaucoup aussi parmi vous connaissent ( actuellement vicaire à St Symphorien ). Je passe trois années de séminaire ( propédeutique et Philo ) en Bavière, puis approfondissant ma vocation, je me sens appelé à rejoindre mon diocèse d’origine, ayant à cœur de devenir plutôt prêtre diocésain, envoyé à tous et au service de tous.

Le diocèse m’accueille avec bienveillance, et je poursuis mon séminaire à Issy les Moulineaux. Avant mon ordination diaconale, je suis envoyé en stage pour une année dans un internat des Orphelins Apprentis d’Auteuil à Sannois (95). Une expérience très forte, auprès d’une jeunesse bien cabossée et très attachante.

Je suis ordonné diacre en 2003 et prêtre l’année suivante, le 27 juin 2004, en la cathédrale Saint Louis. Je célèbre ma première messe le lendemain en l’église Sainte Jeanne d’Arc, accueilli par mon ami l’abbé Marc Boulle, alors vicaire dans cette paroisse. Le Père François Potez dont je suis proche prêchera sur la « grave allégresse » du prêtre, un thème qui me reste très cher. On en reparlera forcément !

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 Votre première nomination vous conduit à la Cathédrale Saint-Louis. Comment se sont déroulés les premiers pas dans le ministère ?

Mon ministère démarre fort, puisque je suis nommé effecitvement vicaire à la Cathédrale Saint-Louis. Mes curés – les pères Bot puis Delort-Laval – vont être précieux pour continuer de me former. J’ai beaucoup appris auprès d’eux. J’ai la joie de créer dès mon arrivée le groupe de prière « TOTUS » pour les jeunes, avec une équipe formidable. (J’aime bien créer… vous verrez ! ). Je découvre l’apostolat dense et passionnant d’un jeune vicaire à Versailles. Parmi les scouts dont je suis l’aumônier et les nombreux servants de messe, un certain… Pierre Bouquin ! Le Bon Dieu a de la suite dans les idées !… En parallèle de la vie paroissiale, je poursuis des études à l’Institut Catholique de Paris, en théologie morale. L’évêque me demande de passer une maîtrise, ce sera en doctrine sociale de l’Église, sur « les critères d’engagement des catholiques en politique ». Sujet toujours actuel !

Vous quittez ensuite Versailles pour une paroisse bien différente…

Après 5 années merveilleuses à Versailles, je suis nommé vicaire à la paroisse de Houilles-Carrière sur Seine. Le changement décape et me fait en même temps du bien. Il ne faut pas trop « s’installer » ! Je complète mon expérience, je découvre par exemple les Scouts de France, en devenant aumônier du groupe local.

Vous allez aussi vous investir sur des projets « hors paroisse » : Padreblog, Acteurs d’Avenir… Racontez-nous ?

C’est aussi à ce moment-là que je vais créer et développer avec deux très bons amis prêtres, les abbés Genouville et Amar, le Padreblog. A l’époque, on souhaite offrir la parole réactive de prêtres de terrain sur l’actualité, à la lumière de l’Évangile. L’idée est d’aider les jeunes et finalement bien plus largement que les jeunes à comprendre ce que peut dire le Pape ou l’Église, et à rendre compte ainsi de leur foi. Il y a quelques années, nous avons transmis tout cela à une équipe de jeunes prêtres qui ont déployé l’outil sur les réseaux sociaux avec le succès qu’on leur connaît ( parmi eux l’abbé Thomazo, actuellement à Notre-Dame).

C’est aussi dans ces années que je fonde avec deux confrères et un staff de jeunes étudiants les Universités d’été « Acteurs d’Avenir », avant de transmettre cette œuvre 8 ou 9 années plus tard à d’autres confrères. Ainsi, depuis 15 ans, chaque année, 200 jeunes étudiants ou jeunes pros se réunissent pour réfléchir à leurs futurs engagements, à l’exercice des responsabilités, aux défis à relever comme futurs décideurs chrétiens, à la lumière de notre foi et en profitant de l’expérience de grands décideurs d’aujourd’hui qui viennent témoigner. Je ne peux que conseiller aux étudiants de notre paroisse d’y participer au moins une fois : https://www.acteursdavenir.org

Un grand changement se profile : vous allez devenir curé de paroisse. Comment le vivez-vous ?

2012 : pour la première fois, je suis nommé curé à Saint Cyr l’École. Une paroisse en plein renouveau, avec de nombreux jeunes couples et jeunes familles qui viennent s’installer en raison du prix de l’immobilier parisien.

C’est une vraie joie de découvrir ce rôle de curé, qui nous rend responsable et serviteur de tous.

J’ai la chance d’y succéder au Père Jean-Brice Callery, aujourd’hui curé de Ste Jeanne d’Arc, qui avait fait un travail vraiment impressionnant pour « réveiller » cette paroisse, et accompagner sa transformation profonde. J’y passerai 7 années très heureuses. Nous avons monté là-bas un groupe de prière intergénérationnel qui fonctionne toujours et porte de beaux fruits…

 

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Vous commencez à écrire…

Effectivement, en 2014, je publie un premier livre « Aimer en vérité » qui aujourd’hui n’est plus édité. Après 10 ans de bons et loyaux services, et de nombreuses conférences sur le sujet, j’ai pensé en effet qu’il était bon de renouveler le propos, de « l’actualiser » en quelque sorte, pour coller au vécu des générations actuelles, et pour cela de laisser la place à d’autres, prêtres ou parents. A d’autres de prendre de relais ! Depuis, toujours chez le même éditeur – Artège – j’ai publié trois autres livres, toujours disponibles chez votre libraire ou sur internet :

  • « Catholiques, engageons-nous » : sur le rôle et la mission des chrétiens dans un monde qui ne l’est plus.
  • « Donner sa vie » : à destination des jeunes et des éducateurs ou parents. Comment se préparer à la joie du don de soi, comment trouver sa place où je pourrai me donner ?
  • « Être prêt » : les 10 intuitions spirituelles qui fondent ma vie, que j’ai reçues et envie de transmettre.

Vous allez aussi connaître dans la paroisse suivante une expérience originale : celle de suivre la construction d’une église. Cela a dû être marquant ?  

En janvier 2019, le curé de Voisins-Montigny le Bretonneux, le Père Bruno Valentin, est nommé évêque. Je suis appelé par Mgr Aumonier à prendre la suite, tout en gardant jusqu’en juin la paroisse de St Cyr l’École ! Ce ne fut pas simple, mais les communautés paroissiales de part et d’autre se sont montrées bienveillantes. En septembre 2019, je m’installe à 100% à Voisins-Montigny, avec comme projet principal de mener à son terme la construction de la nouvelle église Saint Joseph le Bienveillant. Il faudra 3 ans encore d’études, de plans, de projections avant que ne commence le chantier. Celui-ci va durer encore 3 ans avant que la première messe ne soit célébrée dans l’église. Ce fut un vrai défi à relever pour toute la communauté, qu’il fallait entraîner pour que tous puissent adhérer. La joie de célébrer ensemble dans ce lieu bâti ensemble a été à la hauteur des efforts de chacun, et de l’attente si longue pour nous. C’est vraiment une belle expérience pour une communauté, et une vraie fierté d’être ainsi des « bâtisseurs » de la foi. J’avais la joie de pouvoir compter sur des équipes solides et dévouées, mais aussi sur deux autres prêtres et deux diacres permanents.

 Comment arrivez-vous finalement dans notre paroisse du Chesnay-Rocquencourt ?

Le chantier est (quasiment) terminé en avril-mai de cette année et j’arrive à 6 ans et demi de présence. Notre évêque, Mgr Luc Crepy, décide que c’est le bon moment pour m’appeler à une nouvelle mission en me nommant curé de la paroisse du Chesnay-Rocquencourt. Je reçois cette mission dans une vraie joie, tout en étant impressionné par l’ampleur de la tâche. Je sais que Dieu rend capable de ce à quoi Il nous appelle, c’est donc plein de confiance que j’accueille cette nomination. A la fin de l’année scolaire dernière, le Père Grégoire m’accueille avec beaucoup d’attention, je rencontre autour de lui une EAP dévouée et efficace, et 4 confrères plus un diacre heureux de servir ensemble. Je découvre depuis maintenant plusieurs jours une communauté vivante, et de multiples bénévoles ou paroissiens engagés. J’ai vraiment conscience d’entrer dans une grande histoire, et de bénéficier de tout le bien réalisé par mes prédécesseurs, et en particulier les deux derniers, le Père Matthieu de Raimond et le Père Grégoire de Maintenant, avec leurs équipes successives.

A moi d’écrire avec vous une nouvelle page de l’histoire de la paroisse ! Les curés se suivent et ne se ressemblent pas, et c’est très bien ainsi : chacun apporte de nouvelles qualités, met au service de la communauté ce qu’il est. Nul besoin de comparer ( ni les paroisses entre elles, ni les curés entre eux ! ). Il nous faut simplement nous recevoir tels que nous sommes et rendre grâce pour ceux qui nous sont donnés.

Un dernier mot ?

Comme je vous le disais aux différentes messes, je ne vous promets pas d’être un curé parfait – vous vous en rendrez vite compte ! – mais de faire de mon mieux pour vous connaître, vous servir, vous encourager, vous accompagner sur ce beau chemin de la vie chrétienne. Je sais pouvoir compter sur l’engagement de beaucoup d’entre vous au service de la paroisse et sur l’aide précieuse des vicaires et de notre diacre. Surtout, je compte sur votre prière à chacun. Prêtre et fidèles, nous nous portons mutuellement et nous sommes confiés les uns aux autres. Merci de votre accueil, et en avant, « verso l’alto » comme le disait St Pier Giorgio Frassati, tout juste canonisé dimanche dernier !

Père Pierre-Hervé GROSJEAN, curé +